Imaginez un dance-floor suspendu entre Paris et Beyrouth, entre traditions orientales et fureur d’un troisième millénaire déchaîné. Les volutes d’un oud plutôt arabisantes côtoient les envolées d’un sax plutôt jazz, ou l’inverse. Le ney tâte du free ; l’accordéon joue des hanches vers l’Orient ; le rap drague des mélodies ancestrales. La discothèque prend alors des allures de bazar. Sur le tapis sonore des beats enflammées s’élance un orchestre bigarré, soutenu par le lyrisme des cordes au kitsch ostentatoire. Car le saxophoniste de jazz libanais Toufic Farroukh, ennemi des étiquettes, brouille les pistes.
Sa recette pour éviter une fusion world-électro-jazz trop artificielle ? Faire de l’artifice sa matière première. Un grand feu, lancé avec humour et talent.